Le blog du patientIl est malade et il en fait une maladie | |  | juin | | | L | M | M | J | V | S | D | | 28 | 29 | 30 | 31 | 01 | 02 | 03 | | 04 | 05 | 06 | 07 | 08 | 09 | 10 | | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 01 |

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| 04-06-2007 21:22:06On s'en fout s'il a mal, il vient le lendemain à 19h30Encore un médecin, orthopédiste celui-là (ça me change des chirurgiens et autres urologues) qui a séché le module de psychologie appliquée à la communication avec les patients.
– Qu'est-ce que vous faites là ?
– Ben c'est pour mon doigt...
– Je vois, et ça vous est arrivé quand ?
– Hier fin d'après-midi.
– Et c'est maintenant que vous venez, à 19h30 ? On n'a pas que ça à faire, on n'est pas les urgences de l'hôpital, on n'est pas là pour attendre les gens.
– Ben...
Là, je me suis demandé si je m'étais trompé de porte, mais si, il y avait bien marqué "urgences" et on est à la clinique dite "de la main".
– C'est ma médecin qui m'a dit de venir vous voir et...
– Allongez-vous là.
Je m'exécute, visiblement l'homme n'est pas au mieux de ses possibilités communicationnelles.
– Et vous avez fait ça comment ? (il n'écoute pas la réponse) Et vous avez fait quoi, aujourd'hui, vous avez travaillé ? (non, Ducon, j'ai collé des stickers de girafe géante dans mon bureau)
Il chauffe un truc, je tends l'objet du délit (mon annulaire gauche), une des deux infirmières dont je vois bien depuis le début qu'elles essaient d'agir discrètement pour ne pas s'en prendre une du docteur fou me dit, gentiment (elle) :
– Ne vous inquiétez pas, détendez-vous, ça ne va pas faire mal...
– On s'en fout s'il a mal, il vient le lendemain à 19h30, donc c'est pas une urgence.
Et effectivement, il perce l'ongle plein de sang, ça ne fait pas mal. Et j'ai un joli pansement tout neuf.
– Faudra faire une radio demain.
– Euh… pas ce soir ici ?
– Non, les radios c'est pour les urgences.
En tout cas, j'ai la preuve, c'est pas ici qu'on le creuse, le trou de la sécu.
– Ouh là, mais il y a encore l'alliance, il fallait l'enlever !
– Pas pu, ça passait déjà plus.
– Vous n'imaginez pas le nombre de doigts qu'on perd à cause de ça, réplique-t-il apparemment pas ému.
Sur ce, il disparaît et je reste avec les deux infirmières, celle qui se sacrifie pour remplir mon dossier dans le PC de service, et celle qui m'a fait le pansement et qui range les outils.
– ça sent le poulet grillé, ricane cette dernière pour tenter de détendre l'atmosphère.
– Fais gaffe, lui lance l'autre qui est en train de se battre avec ma carte de mutuelle, en fonction de la profession de Monsieur, il pourrait le prendre mal.
– Oh, vous n'êtes quand même pas militaire ou gendarme ?
Et si, elles m'ont fait le coup de l'association d'idée entre ma coupe de cheveux et ma profession. Décidément, je ne peux pas regretter d'être venu...
– Non, répondé-je emprunt de sobriété contenue.
– J'aurais aussi bien pu dire que ça sentait le cochon grillé, de toute façon, rigole l'imprudente.
– Oui, mais là il y aurait eu problème, je suis juif.
Et voilà, on se quitte pas fâchés mais presque, "et surtout revenez nous voir si c'est cassé à la radio !".
– Bien sûr, mais à quelle heure pour ne pas déranger ?
– Appelez pour prendre rendez-vous.
Et voilà, demain matin, je passe la radio, et ensuite je vais vivre l'expérience exaltante de prendre rendez-vous dans un service d'urgences.
Ce qu'il en faut comme patience pour être patient... |